Le serment du jeu de paume, le 20 juin 1789

La situation de la France mène à l’ouverture des états généraux, …

En 1789, le Royaume de France est au bord de la banqueroute. Afin de mettre en œuvre de nouvelles levées fiscales, le Roi Louis XVI « déterre » cette pratique des états généraux. Le 24 janvier 1789, le Roi convoque donc les états généraux pour le 5 mai. La noblesse, le clergé et le tiers-état élisent donc leurs représentant qui arrivent à Versailles avec des doléances inscrites dans des carnets rédigés aux quatre coins du Royaume.

Les trois ordres arrivent divisés avec leurs doléances bien que le clergé et la noblesse campent sur leurs positions impliquant le fait de conserver leurs privilèges et ne souhaitant pas négocier avec le tiers-état.

Alors que le discours du Roi ne convainc pas les députés du tiers, ce même Roi est vu par le tiers comme le défenseur de leurs droits et comme un progressiste. Ce faisant leur véritable « ennemi » reste les deux autres ordres.

… des débats stériles conduisent à la constitution de l’Assemblée Nationale…

Alors que chacun des ordres se disputent la primauté concernant la représentation Nationale, le tiers demande le vote par tête, à savoir le recours à la proportionnelle, qui donnerait plus de poids au tiers, ainsi que la tenue des discussions dans une seule et même assemblée …

Apparaît à ce moment la nécessité de la vérification du bien-fondé et de la légalité de chaque député en son poste, à ce moment 9 députés du clergé rejoignent le tiers.

Le 12 juin, le Duc de Luxembourg, qui préside la chambre de la noblesse, demande au Roi de conserver les Constitutions du Royaume, pressentant la suite des évènements.

Les évènements s’accélèrent et le 17 juin, les députés du tiers se proclament « Assemblée Nationale », prêtent un premier serment et s’octroient par un premier décret du service de perception et de levée des impôts, toute mesure prise sans leur consentement serait nulle. Par ailleurs, ils invitent les députés du clergé et de la noblesse à les rejoindre.

Le 19 juin, 142 membres du clergé rejoignent le tiers.

Louis XVI décide d’intervenir : il invité en séance les trois ordres le 22 juin afin d’invalider toutes les décisions prises par l’Assemblée Nationale, dont il ne reconnaît pas l’existence, étant donné que cette assemblée empiète sur son pouvoir absolu. Il faut donc éviter à tout prix la réunion des députés avant le 22 juin.

… et au serment du jeu de paume.

Prétextant la préparation de la salle des Menus Plaisirs pour la séance du 22 juin, les députés du tiers se retrouvent le 20 juin sans salle où pouvoir organiser les débats et décisions de l’Assemblée Nationale.

A ce moment, le député Guillotin propose d’aller au jeu de paume, il y est suivi par les députés du tiers et la foule en colère contre les gardes ayant fermés la salle des Menus Plaisirs.

Le député Mounier propose autres députés de prêter serment. Bévière, députe de Paris, est chargé de le rédiger : « de ne jamais se séparer, et de se rassembler partout où les circonstances l’exigeront, jusqu’à ce que la Constitution du royaume soit établie et affermie sur des fondements solides ».

Ce texte lu par Jean-Sylvain Bailli est voté à la quasi-unanimité. Il est retranscrit au Journal Officiel dont il constitue les premières pages.

Le serment du jeu de paume est un des actes fondateurs de la révolution, un des actes qui conduira à la chute du Roi Louis XVI et à celle de l’Ancien Régime.

Victoire de Rocroi sur les Espagnols, le 19 mai 1643

La France engagée dans la guerre de Trente Ans, …

La guerre de Trente Ans engage l’Europe dans la tourmente. Cette guerre va opposer le catholicisme au protestantisme mais également la féodalité à l’absolutisme. Cet affrontement a pour cœur les territoires d’Allemagne ainsi que l’influence des Espagnols déjà engagés dans un conflit avec les Provinces-Unies. Il est donc évident que la France y sera entrainée volontairement ou non.

En décembre 1642, le puissant Cardinal de Richelieu, principal ministre de Louis XIII, meurt. Ce faisant l’Espagne voit la porte ouverte vers Paris.

… Louis II de Bourbon, Duc d’Enghien, commande l’Armée Royale …

En l’an de grâce 1621, naquit Louis II de Bourbon, Duc d’Enghien. Héritier de la Maison de Condé, il est le cousin germain de Louis XIV.  Élevé loin de la Cour, il apprendra à gouverner une province, la danse, l’équitation mais également le maniement des armes. Ce mariant avec une nièce du Cardinal de Richelieu, il récupèrera des propriétés confisquées à son épouse, devant ainsi relativement aisé. Montrant un génie militaire précoce, il sera engagé volontaire pendant le siège d’Arras avant de recevoir le commandement de l’armée de Picardie avec pour mission la protection de la route de Paris.

… vainqueur lors de la bataille de Rocroi.

Alors que les Espagnols marchent sur Paris avec à leur tête le général Don Francisco de Mello, homme d’âge et d’expérience, la France rassemble à la hâte 26 000 hommes pour protéger la capitale de l’ennemi. Après avoir pris Rocroi, les Espagnols comptent poursuivre leur avance, c’était sans compter la venue du Duc d’Enghien avec l’armée Française.

Le 14 mai, le duc d’Enghien apprend la mort du Roi Louis XIII, semblant comprendre l’importance néfaste de cette information, il cachera l’évènement à ses troupes afin de ne pas saper leurs ardeurs. Le terrain entourant Rocroi est marécageux et relativement difficile pour la manœuvre des troupes. Le Duc d’Enghien décide alors de diviser son armée en deux corps.

Le 18 mai, l’armée entre dans la plaine et prend position de bataille au-delà d’un vallon séparant les deux armées. Alors que vers 18 heures, l’armée française a pris sa position, la canonnade entre les deux armées s’engage, la forte artillerie ennemie cause des dommages dans les lignes françaises. Le Duc d’Enghien créant sa ligne, une partie de l’aile gauche, commandée par le Lieutenant-général La Ferté-Senneterre, ouvre la ligne afin de marcher sur la ville pour la reprendre. Les Espagnols voulant profiter de cette ouverture de la ligne marchent sur la gauche de l’armée, mais le prévoyant Duc d’Enghien les en empêchent. La bataille prend fin par une stabilisation des positions dans la soirée et dans le calme de la nuit.

Le 19 mai, le duc d’Enghien au courant de la présence de cavalier à proximité de son aile gauche y fait mouvement de culbute et rompt cette menace. Pendant ce temps, la droite de l’armée rencontre l’infanterie espagnole qui est mise en pièce. Sur l’aile gauche, la bataille semble mal engagée, en effet l’infanterie espagnole semble en passe de rompre la ligne française. Après un recul lié à un tir de mitraille, le Duc d’Enghien parvient tant bien que mal à rallier ses cavaliers et à charger à plusieurs reprises l’ennemi puis à l’encercler et enfin à lui asséner le coup de grâce. 9 000 Espagnols y trouvèrent la mort. Le général Espagnol d’abord prisonnier réussit à s’enfuir. Le lendemain, l’armée française entre dans Rocroi.

Cette bataille est une victoire spectaculaire avec de profondes retombées positive sur le Royaume de France en termes de prestige et fait naître un chef de guerre qui deviendra le Grand Condé.

La Fronde parlementaire – l’arrêt d’Union, 13 mai 1648

La contestation gronde, …

Alors dirigée par un duo qui fonctionne, la France va connaître un grand chamboulement. Le 4 décembre 1642, le Cardinal de Richelieu meurt. Il est suivi le 14 mai 1643 par le Roi Louis XIII.

Alors en guerre « perpétuelle » avec l’Espagne pour tenter d’affaiblir la Maison d’Habsbourg, la situation extérieure est assez floue.

Louis XIII n’ayant eu que peu de confiance en son épouse, Anne d’Autriche, il crée autour de son fils un Conseil de Régence formé de la Reine mais également de Gaston d’Orléans, d’Henri de Condé, de plusieurs ministres dont Mazarin ainsi que le chancelier Séguin.

Quelques jours après la mort de son mari, Anne d’Autriche convoque le Parlement de Paris, avec l’aide du chancelier, afin de faire casser le testament de Louis XIII, lui permettant de prendre le pouvoir seule. Elle écartera la plupart des membres du Conseil de Régence mais conserve tout de même Mazarin qu’elle nomme pour être son principal ministre.

Alors que l’absolutisme de Charles Ier d’Angleterre se heurte à la révolte de son parlement, la Régente compte bien être ferme avec le parlement et ne pas se retrouver dans la situation contestataire anglaise.

Louis XIII et Richelieu ont amenés la France vers la centralisation et l’absolutisme, mouvement que Louis XIV poursuivra. 

19 millions, c’est le nombre d’habitants de la France à cette époque, malheureusement les rendements faibles amènent la famine assez souvent. Les guerres engagées sous Louis XIII ont amené des levées d’impôts relativement fréquentes, ce qui n’apportera pas à la maison Royale la sympathie du peuple. Le Roi Louis XIII a également modifier les privilèges des parlementaires, en créant des offices, les places doivent être achetées et dans le même temps leurs revenus vont être allégés.

… le Parlement de Paris tente un coup de force …

Des édits fiscaux doivent être pris pour pallier aux difficultés financières, ce faisant la Régente tient lit de justice le 15 janvier 1648, en présence du Roi Louis XIV âgé alors de 9 ans. Cet enregistrement est très contesté par le Parlement qui adresse des remontrances. La remontrance est un droit du Parlement visant à contester une loi émise avant son enregistrement sur la base d’une opposition à l’intérêt des sujets du Roi et la contradiction avec les lois fondamentales du Royaume.

La rupture est consommée, s’engage alors une nouvelle montée dans le défi. En avril 1648, Mazarin tente de casser le mouvement du Parlement et des Chambres ayant la volonté de s’unir pour contraindre la monarchie.

L’arrêt d’Union est pris par le rassemblement du Parlement de Paris, la chambre des comptes, le Grand Conseil et le Cour des Aides, le 13 mai 1648. Cet arrêt est une réelle tentative de contrôle des finances du Royaume, ce faisant un essai de limitation de l’absolutisme et un refus de la centralisation du pouvoir par la monarchie. Ce faisant cet arrêt permettrait au Parlement de Paris de réformer l’État avec pour base les abus reprochés à la monarchie.

… auquel réagit la monarchie.

Mazarin ce veut dans l’apaisement et conseille à Anne d’Autriche de laisser les chambres siéger ensemble. Les assemblées réunies proposent un texte de 27 articles impliquant notamment une réduction de 25 % de la taille mais également de donner à la chambre unifiée un droit de veto en ce qui concerne la création des impôts royaux, ce serait là une mesure freinant l’absolutisme mais qui pourrait conduire à une crise importante de la monarchie qui serait alors complètement paralysée.

Mazarin choisit le renvoi du surintendant général des finances alors très impopulaire, mais cela ne suffira pas … le 31 juillet 1648, le lit de justice accepte les propositions.

Le 25 août 1648, Condé remporte une victoire sur les Espagnols à Lens. Cet évènement va renforcer le pouvoir royal et permettre à Mazarin de faire arrêter les chefs contestataires (Blancmesnil, Charton et Broussel).

A ce moment, Paris se voit flanqué de barricades afin de contester les arrestations ais le gouvernement tient bon. La paix de compromis de Rueil vient donner fin à ce conflit. Les négociations menées par le Président du Parlement de Paris, Mathieu Molé, conduisent à un recul des chambres qui n’auront plus le droit de s’assembler mais également à la libération des chefs de la contestation. Nulle partie ne gagne mais le compromis est bien réel et tend à apaiser un temps la situation précaire de la monarchie pendant cette Fronde qui aurait pu faire tomber la monarchie.

L’ouverture des États-Généraux, le 5 mai 1789

L’ouverture des états généraux dans la salle des menus plaisirs, le 5 mai 1789

Les états généraux …

Philippe le Bel est le premier Roi de France a convoquer, en 1302, les états généraux. Il s’agit alors de convoquer le haut Clergé et les grands de France afin d’asseoir publiquement des réformes nécessaires concernant la levée d’impôts. A partir du XVème siècle, les états généraux réuniront des députés des trois ordres : la noblesse, le clergé et le tiers état. Au cours des siècles, cette procédure sera souvent usitée pour des questions financières et afin de donner l’apparence de prise en compte de l’avis du peuple au travers de cahiers de doléances rédigées dans les paroisses de France. 

… liés à une crise …

Necker, Contrôleur général des finances du Roi

Le 10 mai 1774, Louis devient Roi de France et de Navarre sous le nom de Louis le seizième. Il hérite d’un grand royaume mais dont les finances sont loin d’être aussi spectaculaire que l’écrin de la monarchie. En effet, le rêve du Roi Soleil, Louis le quatorzième, Versailles a fait naître d’immenses dépenses qui pèseront longtemps sur les finances de France. Louis XVI lancera des réformes financières portées par des Contrôleurs généraux des finances qui se succéderont : Turgot, Calonne et Necker. Parmi les réformes engagées celle d’un impôt direct égalitaire, qui sera bien évidemment bloqué par la Cour, la noblesse et le Clergé qui aurait trop à perdre … 

La Royaume déjà au bord de la banqueroute interviendra aux Amériques permettant aux indépendantistes américains de triompher face à l’Angleterre, le Marquis de La Fayette en sera le symbole. Si cette intervention couvre de gloire le Royaume, elle signe sa ruine, ce faisant, le Roi Louis XVI n’aura plus d’autres choix que de convoquer les états généraux malgré ses craintes qui seront fondées au vu des évènements à venir …

… se préparent …

En 1788, le Roi Louis XVI ordonne la convocation des états généraux, au cours du Conseil d’État du Roi du 27 décembre 1788, dont l’ouverture est prévue le 5 mai 1789. Les grands principes en seront définit au cours du Conseil d’État du Roi :

  1. Que les députés aux prochains Etats généraux seront au moins au nombre de mille;
  2. Que ce nombre sera formé, autant qu’il sera possible, en raison composée de la population et des contributions de chaque bailliage ;
  3. Que le nombre des députés du tiers-état sera égal à celui des deux ordres réunis, et que cette proportion sera établie par les lettres de convocation;
  4. Que ces décisions préliminaires serviront de base aux travaux nécessaires pour préparer sans délai les lettres de convocation, ainsi que les autres dispositions qui doivent les accompagner;

Les règles de convocations sont lancées et le Roi établit un règlement le 21 janvier 1789 afin de préciser la procédure des états généraux mais également les cahiers de doléances et l’élection des députés au sein du Royaume.

Plus de 60 000 cahiers de doléances seront rédigés. Il en ressort que si le peuple reste fidèle au Roi, il souhaite une constitution impliquant la garantie des libertés individuelles, l’égalité devant l’impôt, la fin des droits féodaux … la synthèse nous est fournie dans la brochure de l’Abbé Sieyès « Qu’est-ce que le tiers état ? ».

… et s’ouvrent le 5 mai 1789.

Fin avril 1789, les premiers députés arrivent à Versailles fort de leurs revendications et du pouvoir confiés par les pairs. Le Roi et Necker sont assez inquiets et appellent des troupes autour de la capitale.

Le 2 mai 1789, les représentants de la Nation vont à tour de rôle passer devant le roi, s’incliner et le saluer.

Le 4 mai 1789 a lieu la procession du Saint Sacrement en présente de la famille Royale, de la Cour et des députés. Cette procession est sans doute le moment où il est les inégalités sont les plus évidentes, notamment en terme vestimentaire.

Le 5 mai 1789, le Roi Louis XVI ouvre les états généraux. Il tient un discours de 2 heures présentant au députés l’état de la situation financière ainsi que les solutions envisagées. L’erreur sera la froideur du ton du Roi et la difficulté de compréhension de ce discours très technique notamment pour les députés du tiers-état.

« Messieurs, ce jour que mon coeur attendait depuis longtemps est enfin arrivé, et je me vois entouré des représentants de la nation à laquelle je me fais gloire de commander.
Un long intervalle s’était écoulé depuis la dernière tenue des états généraux ; et quoique la convocation de ces assemblées paraît être tombée en désuétude, je n’ai pas balancé à rétablir un usage dont le royaume peut tirer une nouvelle force, et qui peut ouvrir à la nation une nouvelle source de bonheur.
La dette de l’Etat, déjà immense à mon avènement au trône, s’est encore accrue sous mon règne : une guerre dispendieuse, mais honorable, en a été la cause ; l’augmentation des impôts en a été la suite nécessaire, et a rendu sensible leur inégale répartition.
« 

La clôture de cette première séance s’avère décevante pour les députés, le Roi ne laisse rien entendre sur les éventuelles réformes liées aux doléances de ses sujets … La Révolution est dorénavant en marche, et rien ne semble pouvoir l’arrêter et surtout pas le Roi tiraillé par la tradition absolue de la monarchie et ses idéaux en partie ressemblant à ceux du peuple concernant les libertés et l’égalité.

L’entrée du Cardinal de Richelieu au Conseil du Roi, 29 avril 1624

Un homme d’Église, …

Le 5 septembre de l’an de grâce 1585, à Paris, naquit Armand-Jean du Plessis.

D’abord désigné pour la carrière des armes, le destin l’emmènera ailleurs. En effet, son frère en charge de l’évêché de Luçon choisira de devenir chartreux (rejoindre l’ordre de Saint Benoît). La famille ne voulant pas perdre cet évêché conduira Armand-Jean vers la carrière ecclésiastique. Bien qu’Henri IV le nomme à l’évêché, se fut une bien grande difficulté que d’amener cet homme de vingt et un ans sur son siège épiscopal. A force de négociation avec le Saint-Siège, et lors de son séjour personnel à Rome, il fut sacré évêque de Luçon, le 17 avril 1607. Il regagnera son pauvre évêché où il n’aura de cesse de faire régner l’ordre et la justice. Qui aurait pu alors croire qu’il deviendrait l’homme le plus puissant de son époque et ferait trembler l’Europe ?

… de conviction,

Au cours de sa première tournée épiscopale, il sera troublé par nombre de ses curés de paroisses nommés par recommandation plus que par dévotion et publiera un ouvrage rappelant aux prêtres leurs rôles et leurs devoirs. Allant plus loin et pour rappeler leurs devoirs aux chrétiens de son évêché il publiera « L’instruction du chrétien » dont l’on peut citer une phrase montrant déjà son attachement à l’autorité royale : « Un Roi souverain en France témoigne qu’il n’y a personne qui soit égal à lui, et que tous ceux qui y sont, sont des inférieurs : ainsi Dieu, souverain du monde, témoigne qu’Il n’a point d’égal et qu’Il est unique. » Il gagne la réputation de l’exemplarité car étant fidèle à ses principes d’ordre et de justice.

… d’État, …

Le 14 mai 1610, le Roi Henri IV est assassiné par Ravaillac. Le Roi connaissait et avait de l’estime pour sa famille, il aurait ainsi pu se hisser plus haut grâce à cette estime royale. Le Reine devenue Régente de France, sera dominée par les époux Concini, le Conseil du Roi s’en trouvera fragilisé et à la majorité du Roi Louis XIII, la Régente fera réunir les États Généraux, une nouvelle occasion pour Richelieu de trouver une place et il s’y fera élire. 

La cour passant par Poitiers pour célébrer le mariage du Roi et d’Anne d’Autriche, il y sera et se rendra utile finissant par devenir aumônier de la jeune Reine. Des missions lui seront confiées, il les accomplira avec succès et il sera nommé Ambassadeur d’Espagne puis secrétaire d’État à la guerre le 25 novembre 1616.

Alors sous la domination des Concini, l’autorité du Roi est contestée, ce faisant, un conseil secret du Roi fera procéder à son arrestation et se débattant il fut tué. A ce moment précis, le Roi prit en main le gouvernement et écarta sa mère des affaires du Royaume. Richelieu, proche de Marie de Médicis, en fit les frais, le Roi aura pour lui cette phrase : « Eh bien Luçon, me voilà enfin hors de votre tyrannie ! Allez ôtez-vous d’ici. » Richelieu quitta donc le Louvre avec Marie de Médicis pour Blois, le 3 mai 1617.

… au service du Roi.

Le malaise fut profond et dura entre Louis XIII et sa mère. Richelieu en fut une victime du fait du rôle qu’il tenait auprès de Marie de Médicis mais à la mort de de De Luynes, le favori du Roi, Louis XIII jaloux de ce favori de sa mère le fit nommer Cardinal. Richelieu monte inexorablement les échelons. 

Les Ministres du Roi le craignant feront en sorte de lui fermer la porte du Conseil du Roi : ils lui offriront la place de président du conseil des dépêches ou encore une ambassade en Espagne mais le Cardinal vise le Conseil du Roi et, par nécessité, il finira par y être admis à titre consultatif. Les crises ministérielles diverses pousseront le Roi à réorganiser son conseil et quelques mois après son entrée par la petite porte au Conseil du Roi, il deviendra le Chef du Conseil du Roi, son ambition démesurée sera donc assouvie et il pourra commencer à gouverner la France.

Les Adieux de Fontainebleau, le 20 avril 1814

Napoléon Bonaparte est un des héros français. Son destin improbable, son génie militaire et ses institutions toujours en places, sont gravés dans le marbre, dans l’ADN de la France.

Le héros ne serait pas le héros sans son mythe qu’il a tracé dans le Mémorial de Sainte-Hélène, il est certains évènements qui viennent étayés son propos comme « les adieux de Fontainebleau ».

Le début de la fin

Le 1er Empire, fondé sur les ruines de la Révolution, tient sa stabilité sur les triomphes militaires de l’Empereur. Napoléon voulant abattre l’ennemi de toujours, l’Angleterre, mit sur pied le Blocus Continental et pour le faire appliquer s’employa à la conquête de l’Europe. La Russie est son objectif, prendre ce pays aurait été une consécration mais les russes appliquant la politique de la terre brulée notamment en brulant Moscou ont portés un coup fatal à l’Empire.

Si la Grande Armée est sauvée par le sacrifice des sapeurs permettant la retraite de la Bérézina, le grand œuvre se morcèle, une immense coalition marche contre Napoléon. L’Empereur ne s’avoue pas vaincu mais reçoit une blessure mortelle à Leipzig, après laquelle Napoléon n’a d’autre choix que de quitter avec son armée l’Allemagne.

La campagne de France

Déjà Austerlitz, Marengo, Iéna, Friedland et Wagram ne sont plus que de beaux souvenir chers aux cœurs des grognards. L’ennemi progresse sur le territoire national, Napoléon ne s’avoue pas vaincu et son génie militaire, bien que mit à l’épreuve, se révèle encore et toujours.

Alors que les armées coalisées dominent en nombre la Grande Armée, Napoléon ne cessera de croire en sa bonne étoile et en la victoire, il dira : « 50 000 hommes et moi, cela fait 150 000. »

Malgré les victoires de l’Empereur dont celles de Montmirail et de Montereau, la Grande Armée ne cesse de devoir reculer et bientôt Paris est assiégé.

La situation à Paris est intenable et l’Impératrice est partie pour Blois … Napoléon marche sur Paris pour défendre la capitale sans nouvelle de lui depuis 4 jours … mais c’est déjà trop tard … le Maréchal Marmont a signé la capitulation de Paris.

Le rêve passe et la population déjà bien acquise au pacifisme, prône un retour à la paix fût-ce contre la perte de leur Empereur.

La 1ère abdication

L’Empereur veut marcher sur Paris et continuer à se battre. Mais c’est sans compter sur les Maréchaux, qui n’en peuvent plus de se battre, sont tiraillés par leur loyauté envers l’Empereur et leur désire inavoué que cessent les combats…

Le « diable boiteux », Talleyrand, ancien ministre de l’Empereur, le fera tomber en mettant sur la table Louis XVIII … Caulaincourt, le fidèle, tentera de préserver les intérêts de l’empereur sans y parvenir, le temps de la résignation est venu : Napoléon abdique le 4 avril 1814.

Il tentera de se donner la mort dans la nuit du 12 au 13 avril 1814, mais s’est sans compter ses fidèles qui le sauveront.

Les adieux …

Portant comme à son habitude son habit de colonel des chasseurs à cheval de la garde, Napoléon fait son irruption à midi dans la cour du château de Fontainebleau.

Comme d’accoutumée, les soldats de la Vieille Garde rendent les honneurs à l’Empereur avec une grande émotion. L’Empereur déchu prononce un discours resté dans les mémoires bien qu’il en existe plusieurs versions, prenons celle du Baron Fain, le secrétaire particulier de Napoléon.

« Soldats de ma vieille Garde, je vous fais mes adieux. Depuis vingt ans, je vous ai trouvés constamment sur le chemin de l’honneur et de la gloire. Dans ces derniers temps, comme dans ceux de notre prospérité, vous n’avez cessé d’être des modèles de bravoure et de fidélité. Avec des hommes tels que vous, notre cause n’était pas perdue.  Mais la guerre était interminable ; c’eut été la guerre civile, et la France n’en serait devenue que plus malheureuse. J’ai donc sacrifié tous nos intérêts à ceux de la patrie ; je pars. Vous, mes amis, continuez de servir la France. Son bonheur était mon unique pensée ; il sera toujours l’objet de mes voeux ! Ne plaignez pas mon sort ; si j’ai consenti à me survivre, c’est pour servir encore à notre gloire ; je veux écrire les grandes choses que nous avons faites ensemble ! Adieu, mes enfants ! je voudrais vous presser tous sur mon coeur ; que j’embrasse au moins votre drapeau !   
 [Après avoir serré dans ses bras le général Petit, et embrassé le drapeau, 
Napoléon reprend :]   
 Adieu encore une fois, mes vieux compagnons ! Que ce dernier baiser passe dans vos coeurs ! »

Ce discours fut retranscrit par le Baron Afin qui aurait passé sous silence la recommandation de l’Empereur impliquant que la Vieille Garde devait se mettre au service du Roi Louis XVIII. La Vieille Garde n’en a pas finit avec l’Empereur, lors des Cents-Jours, toujours fidèle, elle accompagnera Napoléon à Waterloo ou elle entrera dans la légende ainsi que son commandant, le Général Cambronne.

Après ce célèbre discours, l’Empereur déchu monte dans sa dormeuse pour rejoindre l’Île d’Elbe, son nouvel Empire … le chemin sera difficile et ponctué des cris de « Vive le Roi ! », en provence, accompagnés d’insultes… il finira son périple vers l’exil escorté par deux escadrons de hussards Autrichiens.

Notre-Dame de Paris : 857 ans d’histoire

Le 15 avril 2019, c’est l’effroi. La Cathédrale Notre Dame de Paris est la proie des flammes. Alors vêtue d‘un échafaudage, la Cathédrale est la victime impuissante d’un incendie qui restera dans les mémoires. Le feu ne semble pas pouvoir être maîtrisé et, à 19h50, la flèche de la cathédrale s’effondre emportant avec elle une partie des voûtes de la vieille dame. Vers 4 heures du matin, le 16 avril, l’incendie est partiellement éteint et maîtrisé. Parallèlement, au début de l’incendie des équipes de pompiers accède à l’édifice et peuvent secourir un certain nombre des œuvres d’art de la Cathédrale. Durant cet incendie, la surprise est de voir nombre de fidèles catholiques prier pour Notre-Dame de France.

Mais plus qu’un vaisseau de pierre, Notre-Dame est avant tout une histoire humaine, celle de bâtisseurs, un pan de l’histoire de Paris et un témoignage de celle de France.

Une grande histoire de volonté, ….

Clovis, Roi des Francs, décide de faire de l’ancienne Lutèce la capitale de son Royaume, il y trouvera la mort en 511. Il y sera donc bâti une cathédrale dédiée à Saint Étienne, dont des vestiges ont été retrouvés sur le parvis de Notre-Dame. Les croisades et les pèlerinages font de l’île de la Cité un passage logique et sûr pour franchir la Seine. Ce faisant, l’activité commerciale de Paris n’en sera que plus importante.

Maurice de Sully devient évêque de Paris, le 12 octobre 1160. Son idée principale, et peut-être également son fardeau, sera cette volonté de construire une nouvelle cathédrale pour la capitale. L’évêque veut un édifice plus vaste que l’ancienne cathédrale romane. Le Roi Louis VII offrira lui-même 200 livres pour les travaux de construction.

La légende veut que le Pape Alexandre III aurait posé la première pierre en présence du Roi Louis VII en avril 1163.

… de bâtisseurs, …

La première phase des travaux aboutit en 1177 avec l’achèvement du cœur, viendront ensuite les travées de la nef puis, en 1208, la pose de la façade. Nombre de corporations furent utilisées à cette construction aussi périlleuse que coûteuse.

Maurice de Sully ne verra jamais « sa » cathédrale terminée, elle le sera en grande partie sous son successeur Odon de Sully, devenu évêque en 1197, qui sera aussi déterminé que lui a poursuivre la cathédrale. Par la suite, à partir de 1225, les fenêtres hautes seront agrandies à toutes fins de donner plus de lumière. De nouveaux arcs-boutants seront ajoutés pour permettre l’évacuation de l’eau de pluie.

Cette cathédrale si chère au coeur de Maurice de Sully, qui ne la connaîtra pas achevée, sera lieu d’innovations, de reflexions. Elle deviendra un des exemple d’architecture pour l’Ile de France mais plus encore pour l’Europe médiévale : on parlera de l’opus francigenum que l’on traduira par « art français » ou « art gothique ».

… d’aménagements, …

Le style gothique étant démodé, au XVème siècle, des aménagements sont effectués concernant la statuaire, des tapisseries, dans un style baroque assez surchargé. Le Roi Louis XIV fera réaliser des travaux de décoration des cœurs et y fera installer un nouveau maître hôtel ainsi que sa représentation et celle de son père agenouillé autour de l’hôtel symbole du droit divin mais également de la piété des deux monarques.

… de tourmente, de renaissance …

Pendant la Révolution, la Cathédrale devient la possession de l’État. Les têtes de la galerie des Rois de la façade sont toutes décapitées car étant jugées symboliques de la monarchie française. En 1793, la Cathédrale devient un « Temple du Culte de la Raison », elle sera par la suite transformée en entrepôt … jusqu’à la signature du Concordat le 18 avril 1802.

Notre-Dame retrouve ses lettres de noblesses le 2 décembre 1804 avec le sacre de l’Empereur Napoléon Ier et les nombreux « Te Deum » qui y seront chantés pour Sa Majesté et ses victoires.

Quelques décennies plus tard, la cathédrale est dans un tel état que sa destruction est envisagée mais c’était sans compter Victor Hugo qui la dresse en héroïne dans son roman « Notre-Dame de Paris ». L’Assemblée votera une aide financière insuffisante mais qui permettra que débute les travails ouverts par les architectes Jean-Baptiste Lassus et Eugène Viollet-le-Duc qui plus que des restaurateurs vont devoir recréer une grande partie de l’ornementation de la Cathédrale et lui donnèrent l’aspect qu’on lui a connu jusqu’à la vieille de ce grand incendie …

« Sans doute, c’est encore aujourd’hui un majestueux et sublime édifice que l’église de Notre-Dame de Paris. Mais si belle qu’elle se soit conservée en vieillissant, il est difficile de ne pas soupirer, de ne pas s’indigner devant les dégradations, les mutilations sans nombre que simultanément temps et les hommes ont fait subir au vénérable monument. »

Victor HUGO, Notre-Dame de Paris (1831)

… et d’avenir.

A l’heure actuelle, après l’incendie, les équipes de spécialistes mobilisés à la Cathédrale consolident la vieille dame et lui enlève l’échafaudage, un travail long et difficile … dans l’attente de découvrir les projets de restauration et/ou de reconstruction, Notre-Dame se voit amputée de sa flèche et de ses hordes de visiteurs venant admirer sa beauté. Nous pouvons saluer les équipes qui sauvèrent Notre-Dame, lors de cette affreuse nuit, ainsi que tous ceux qui dans le futur participeront à sa résurrection.